Le nom de cette république balkanique qui fit partie jusqu’en 1992 de l’ancienne fédération de Yougoslavie, évoque Sarajevo, l’assassinat de l'archiduc François-Ferdinand d’Autriche et les prémisses de la première guerre mondiale. Région essentiellement montagneuse qui faisait partie de l’antique Illyrie, ...
Lire la suiteLe nom de cette république balkanique qui fit partie jusqu’en 1992 de l’ancienne fédération de Yougoslavie, évoque Sarajevo, l’assassinat de l'archiduc François-Ferdinand d’Autriche et les prémisses de la première guerre mondiale. Région essentiellement montagneuse qui faisait partie de l’antique Illyrie, la Bosnie et l’Herzégovine connurent bien des sujétions au cours de leur histoire et les périodes durant lesquelles l’autorité fut aux mains de ces slaves du sud qui les peuplent furent éphémères. Quand l’empire romain s’effondra, la province d’Illyricum fut envahie par des populations germaniques puis ravagée par les Huns. Les populations slaves venues du nord de l’Europe commencèrent alors à s’installer en Bosnie et jusqu’au XIIe siècle, elle fut le siège de plusieurs principautés souvent rivales, théoriquement inféodées à l’empire byzantin avant de tomber partiellement sous la domination hongroise. Les régions qui restèrent indépendantes virent à cette époque la propagation de l’hérésie bogomile, lointain avatar du manichéisme. Au XVe siècle, sous la houlette du seigneur de Hum, Stefan Vukçic, une partie du pays échappa à la tutelle hongroise pour devenir un duché libre, herceg en bosniaque, qui sera la future Herzégovine. Mais bien vite toute vie politique disparut avec la conquête des Balkans par la dynastie ottomane : la Sublime Porte occupera la Bosnie jusqu’au congrès de Berlin qui, en 1878, en confia l’administration à la monarchie autrichienne, la mettant ainsi au cœur des conflits balkaniques qui allaient dominer la politique européenne à la fin du XIXe siècle. Après la Première Guerre Mondiale, la Bosnie-Herzégovine s’allia à la monarchie Serbe pour donner naissance au nouveau royaume de Yougoslavie. Envahie par l’Italie fasciste, écrasée par les forces de l’Axe, la Yougoslavie opposa une résistance farouche à l’occupant, menée par la figure emblématique de Tito, artisan de la Yougoslavie communiste moderne d’après-guerre. En 1990, dix ans après la mort de Tito, la chute du régime communiste ranima les vieux antagonismes entre les différentes composantes de la Yougoslavie et la Bosnie-Herzégovine paya un lourd tribut à la guerre civile qui déchira la région durant cinq longues années.