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Trois sujets aristotéliciens
Nestor-Luis Cordero
Professeur émérite de philosophie à l'université de Rennes I
  • La "physique"
    La "physique"

    jeudi 15 mars 2012 à 15h00
    Le philosophe néoplatonicien Thémistus avait défini Aristote comme "le secrétaire de la Nature". En effet, Aristote n'a négligé l'étude d'aucun aspect de la réalité. Il a écrit des ouvrages de médicine, d'astronomie, de biologie, de psychologie, et même de zoologie et de minéralogie. Or, pour lui, comme pour ses ancêtres les Présocratiques, tous ces sujets appartiennent, d'une manière ou d'une autre, à la "nature" (physis), d'où la pertinence de la formule de Thémistius. En Grec, pour exprimer la notion des "choses naturelles", il y a la formule "ta physika". L'ouvrage d'Aristote connu comme Physique s'occupe précisément de ta physika, mais il ne présente pas une description des objets physiques; il analyse en profondeur ce qui caractérise tout ce qui est "naturel": le mouvement, le changement; Il s'agit des objets matériels, et la recherche d'Aristote concerne les premiers principes et les premières causes du changement

     
  • La "métaphysique"

    jeudi 22 mars 2012 à 15h00
    Aristote n'a jamais écrit un ouvrage dont le titre serait "La Métaphysique". Cela n'empêche pas qu'il se soit occupé de "métaphysique". En effet, lorsque ses successeurs ont mis de l'ordre dans ses papiers, ils ont trouvé des travaux très brèves, qu'il avait élaboré dans des périodes très divers de son parcours philosophique, et qu'il fallait lire "après" la Physique, car ils s'occupaient des sujets auxquels la Physique n'avait pas répondu. Or, en Grec, "après" c'est "meta", d'où le titre posthume de Méta-physique accolé à cet ensemble. Dans ces écrits Aristote propose l'invention d'une science inédite, science qui, au lieu de s'occuper des objets particuliers (animaux, plantes, êtres humains, montagnes) devrait s'occuper de ce qui fait "être" ces réalités. Il s'agirait d'une science de l'être en tant qu'être, tout simplement, des choses en tant qu'elles "sont". La recherche aristotélicienne est passionnante, mais il faut retenir la notion de "recherche", car il n'arrive jamais à constituer cette science, à laquelle il fait toujours allusion avec la formule "la science recherchée". Cette recherche es un véritable sommet dans l'histoire de la pensé humaine.

     
  • L'éthique

    jeudi 29 mars 2012 à 15h00
    "Êthos" en Grec signifie "caractère, habitude, manière d'être habituelle, coutume". Le pluriel "êthika" fait donc allusion aux moeurs, et, selon Aristote, c'est Socrate qui, le premier, s'occupa du sujet. E Aristote prit la relance: il a consacré trois ouvrages au sujet, l'Éthique è Eudème, l'Ethique a Nicomaque, et l'ouvrage connu sous le titre en latin de Magna Moralia. Il faut dire d'abord que l'éthique es, pour Aristote, un complément de la politique: l'une va avec l'autre, las le but des deux disciplines est la perfection (areté, mot traduit en général par "vertu") humaine, car le bien humain est le fin de toute action. Le sommet de la perfection consiste à agir selon la raison, et celle-ci doit chercher le bien suprême, le bonheur, et la perfection intellectuelle suprême est la vie contemplative. Mais il y a aussi des perfections "morales" qui consistent à choisir une certaine moyenne. Ces deux sortes de perfections doivent agir ensemble.

     
 
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