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Sabratha
Libye
Située à environ soixante-dix kilomètres à l’ouest de l’actuelle Tripoli, Sabratha – l’Abrothonon des Grecs – se trouvait au point de départ de la route qui menait en direction du sud jusqu’à Ghadamès et, à travers le Sahara, jusqu’à la zone soudanienne. Les Carthaginois y installèrent un comptoir dès le Ve siècle avant J.-C., mais cet établissement punique passe ensuite sous le contrôle du roi numide Massinissa et de ses successeurs avant de se rallier à Rome en 111 avant J.-C. Le port et le forum sont aménagés dès cette époque, alors que la cité est déjà dotée d’une vaste nécropole riche de plusieurs grands mausolées. Municipe sous l’Empire, la ville devient colonie romaine en 157. La prospérité économique induite par la pax romana fait que ses marchands sont très actifs à Ostie où leur comptoir s’orne d’une mosaïque figurant un éléphant, ce qui confirme l’importance que revêtait pour le port libyen le commerce transsaharien. Le déclin de la cité fut ensuite moins brutal que celui dont souffrit sa voisine Leptis Magna. Reprise par les Byzantins aux Vandales, elle est alors dotée d’une enceinte censée protéger un espace urbain désormais réduit. C’est le moment d’un nouvel essor, dont témoignent les églises construites alors, notamment celle dédiée à la Mère de Dieu que nous a décrite l’historien Procope. Conquise par les Arabes, elle perd ensuite ses fonctions commerciales au profit de Tripoli, l’ancienne Oea. Le site a conservé aujourd’hui d’imposants vestiges, exhumés et restaurés par les archéologues italiens qui, au cours des années trente, ont rendu à la Libye son passé romain. Le temple d’Isis, élevé au bord de la mer sous Auguste et reconstruit sous Vespasien avant d’être embelli au IIe siècle, était le plus grand des sanctuaires consacrés en Afrique à la déesse égyptienne. Contemporain de l’époque sévérienne, le théâtre – dont seules les parties basses étaient encore visibles au début du XXe siècle, présentait un mur de scène (frons scenae) d’une hauteur de 25 m et comportait trois étages ; il était décoré de 96 colonnes entre lesquelles étaient placées les statues des divinités intervenant dans les tragédies représentées. Ce bâtiment pouvait accueillir cinq mille spectateurs. Outre le classique temple du Capitole, le sanctuaire de l’empereur Antonin divinisé rappelait que Sabratha avait accédé sous son règne au statut de colonie romaine.