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Cyrène
Libye
Fondée par les Grecs venus de Théra au VIIe siècle av. J.-C., Cyrène profite d’un espace agricole étendu et de la présence d’eaux abondantes pour s’imposer rapidement comme la plus grande des cités grecques d’Afrique. La prospérité que lui garantit l’exportation des céréales et du silphion, une plante locale utilisée comme condiment, assure durablement sa richesse et permet à ses souverains d’engager une politique monumentale de grande envergure qui fait de la ville, chantée par Pindare, l’une des plus belles de son temps. Construite sur le rebord d’un plateau dressé à 600 m d’altitude, à proximité d’une source consacrée à Apollon, la cité est organisée autour du sanctuaire du dieu de Delphes dont l’oracle avait conseillé à Battos, le héros fondateur, de venir s’installer avec ses compagnons en cette région de la côte africaine. Précédé d’un grand autel monumental de marbre blanc, le temple du dieu était le théâtre de grandes fêtes civiques que nous a décrites Callimaque. Un autre sanctuaire, plus petit, était consacré à Artémis qui, associée à la nature sauvage, régnait sur l’arrière-pays libyen. A l’ouest, le théâtre, transformé en amphithéâtre à l’époque romaine, témoigne sans doute de l’existence d’un culte rendu à Dionysos. Au coeur de la ville, l’agora est aujourd’hui entourée sur trois de ses côtés par les vestiges de divers monuments publics. Le quatrième est fermé par une rue dallée toute droite, celle dont Pindare nous dit qu’« elle résonne sous les sabots des chevaux et [qu’y] passent les processions propitiatoires en l’honneur d’Apollon ». Installée sur le rebord oriental de l’agora, une tholos serait l’herôon de Battos, le tombeau du fondateur de la cité. Placé sous la protection d’Héraklès et d’Hermès, le gymnase – ou Ptolemaion – qui se trouvait à proximité doit son nom au souverain lagide Ptolémée VIII qui l’offrit aux habitants de Cyrène devenus ses sujets. Sur la colline orientale, le grand temple dorique de Zeus est aussi vaste que celui d’Olympie ou que le Parthénon d’Athènes. Long de soixante-dix mètres, il abritait une statue colossale du dieu, haute de douze à treize mètres. A l’extérieur de l’enceinte, les hypogées aménagés dans les collines situées au nord sont dotés d’entrées monumentales et décorés de peintures. Avec les nombreux sarcophages mis au jour et avec les chapelles funéraires coiffées de figures féminines évoquant Perséphone, ils constituent d’immenses nécropoles formant le plus vaste cimetière connu de l’Afrique antique. La cité voit perdurer sa prospérité sous la domination romaine et devient même capitale de la province de Cyrénaïque jusqu’en 297. Elle perd de son importance sous la domination byzantine avant d’être ruinée au VIIe siècle par l’invasion arabe.