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Tikal
Guatemala
Classé par l’UNESCO au Patrimoine mondial de l’humanité depuis 1979, le site de Tikal est à coup sûr – avec ceux de Palenque, de Copan, d’Uxmal, de Chichen Itza ou de Piedras Negras – l’un des plus impressionnants de ceux que nous a laissés la civilisation maya. Localisée au Guatemala, cette ancienne ville ressurgie de la forêt est la plus importante de la région du Petén par le nombre et la beauté de ses monuments et par l’importance du matériel archéologique qui y a été recueilli. Depuis les premières recherches réalisées par Modesto Mendez et Ambrosio Tut à partir de 1848 jusqu’aux grandes campagnes de fouilles organisées par l’université de Pennsylvanie de 1956 à 1967, Tikal a vu défiler tous les spécialistes de l’antiquité maya. La partie centrale de la zone archéologique s’étend sur 16 km carrés mais la cité recouvre au total plus de 120 km carrés. L’ensemble monumental que l’on peut découvrir aujourd’hui est le résultat de plus d’un millénaire de constructions ininterrompues, entamées au Ve siècle avant J.-C. et poursuivies jusqu’au IXe siècle de notre ère. Une dynastie de trente-trois souverains qui ont régné pendant huit cents ans a fait élever plus de deux cents stèles et autels, dix mille plate-formes et autres bâtiments. Les pyramides qui ont été bâties ici sont les plus hautes du monde maya puisque le temple IV atteint 65 mètres. La ville occupe une série de collines basses qui s’élèvent à une cinquantaine de mètres au dessus de deux grands bassins marécageux étendus à l’est et à l’ouest. Elle est entourée de systèmes défensifs (fossés et murs) qui la protègent au nord et au sud. Au coeur de la cité, l’acropole nord abrite la nécropole royale mais son aspect actuel est dû à la volonté de Hasaw Cha’an Kawil, vingt-sixième souverain de la dynastie, qui régna près de cinquante ans et rendit toute sa puissance à Tikal, sérieusement éprouvée au cours des décennies précédant son règne par les luttes engagées contre Caracol, sa rivale. L’alliance avec la dynastie de Dos Pilas permit à celle de Tikal de reprendre l’initiative et Hasaw Cha’an Kawil se fait introniser en 682 en faisant correspondre, dans le calendrier sacré maya, cette cérémonie avec celle, analogue, de l’intronisation du grand souverain Ciel d’Orage, intervenue en 426. La renaissance de Tikal est alors spectaculaire et la ville rétablit son hégémonie sur tout le Petén central en même temps qu’elle devient un centre religieux majeur pour l’ensemble du monde maya. C’est sous le règne de ce puisant souverain qu’est lancé le programme architectural qui donne à la cité maya son allure définitive. Les plus grands monuments sont construits autour de la Grande Place, bordée par les temples I, dit du Grand Jaguar, et II, dit temple des Masques, qui abritent des sépultures royales. Au-delà d’une vaste terrasse s’étagent les palais de l’acropole nord, résidences des rois, de leurs épouses, de leurs enfants et des principaux dignitaires. Les palais de l’acropole centrale et des places est et ouest sont assez vastes pour accueillir une cour comparable à celle des anciens pharaons égyptiens. Au fur et à mesure que l’on s’éloignait du centre, dont les édifices demeurent encore aujourd’hui à moitié visibles dans la forêt, Tikal se transformait progressivement en une cité-jardin où s’affairait une population de patients horticulteurs. Alors que le centre pouvait abriter une dizaine de milliers d’habitants, les zones périphériques en comptaient sans doute plus de cinquante mille, ce qui en dit long sur l’importance de cette cité – enfouie ensuite dans l’épaisseur de la sylve tropicale du Petén – au moment où les villes carolingiennes ne rassemblaient, en Europe occidentale, que quelques milliers d’âmes.