Patmos est la plus petite et la plus septentrionale des îles du Dodécanèse. Sa forme en arc de cercle structuré par trois massifs montagneux reliés par des isthmes étroits, complété par un chapelet de petits îlots, suggère bien son origine volcanique. Successivement occupée par les Doriens puis les Ioniens, l’île ne semble pas avoir joué un rôle important dans l’histoire antique. Les Romains profitèrent de sa situation un peu isolée pour en faire un lieu de relégation et c’est ainsi que, vers l’an 95, lors des persécutions de Domitien, saint Jean, le quatrième évangéliste, aurait été contraint à l’exil à Patmos. C’est là que la tradition chrétienne lui fait rédiger l’Apocalypse. A l’époque médiévale, les razzias des pirates musulmans entraînèrent une désertion quasi-totale de l’île et ce ne fut qu’en 1088, lorsque l’empereur byzantin Alexis 1er Comnène décida de fonder à Khora une abbaye dédiée à saint Jean que Patmos retrouva une importance qui ne s’est jamais démentie depuis. Outre son exceptionnel intérêt architectural, c’est la permanence des lieux et la continuité des rites depuis le XIIe siècle qui furent déterminants pour l’inscription de la Khora de Patmos au patrimoine mondial de l’humanité.